12/07/2013

L'empreinte sociale, le nouveau crédo des décideurs engagés


slide-1-728.jpgDe la même manière qu’on juge une entreprise sur son empreinte économique (sa rentabilité) ou son empreinte environnementale (impact de son activité sur la biodiversité ou les ressources naturelles), certains entrepreneurs souhaitent démocratiser le concept d'empreinte sociale. C’est en tout cas le crédo de Christian Nibourel, Président dAccenture France et co-auteur d’un ouvrage collectif sur le sujet*.

Vaste chantier qui consiste à prendre en compte la dimension humaine des activités économiques, dans et surtout à l’extérieur de l’entreprise. Objectif : créer un sens commun en dépassant les clivages, les inerties, les exclusions à travers toutes les thématiques qui couvrent le champ du social : employabilité, anticipation des transformations, mobilisation des talents,  cohésion sociale, soutien au développement des compétences, dialogue social, etc.


D’après Christian Nibourel qui multiplie les prises de parole sur le sujet, la performance sociale d’une entreprise ne se résume pas à son bilan social. « L’empreinte sociale, c’est la prise en compte des externalités, positives et négatives de l’entreprise sur son écosystème ». Aujourd’hui,
l’entreprise ne peut plus travailler en silo, y compris dans le registre du social où l’ensemble des thématiques : diversité, employabilité, formation…sont trop souvent traitées de manière cloisonnée sans interaction les unes avec les autres, que ce soit avec les parties prenantes internes ou externes. Si l’entreprise ne prend pas en compte son écosystème humain, elle aura des difficultés à mettre en œuvre des politiques sociales innovantes, freinée par l’environnement socio économique au sein duquel elle opère. « L’une des forces de la croissance d’Accenture relate l'intéressé dans une Tribune repose sur la diversité sous toutes ses formes : de genre, sociale, de formation et de culture. Si je croise le critère de genre et de diversité de formation, je suis confronté à un problème car il n’y a pas assez de jeunes filles qui sortent d’écoles d’ingénieurs pour que je puisse les recruter. Si je ne pèse pas sur mon écosystème en étant actif avec d’autres entreprises pour le faire évoluer, j'en pâtirai aussi au sein de mon entreprise ».

Si le concept d’empreinte sociale est séduisant qui replace la perspective RH dans son éco système en croisant la diversité, avec la santé au travail, la parentalité ou la formation pour reprendre ce thème,  le chantier est colossal. Et il faudra du temps pour lever les freins tant économiques que culturels et amener les entreprises à agir de manière plus transparente mais aussi plus « collective » sur des sujets aussi sensibles que les restructurations, l’emploi des séniors, les stages non rémunérés ou les CDD à répétition….  Cette notion de progrès social n’est possible que si elle s'inscrit sur le long terme, soutenue par une forte conviction des dirigeants.  Il faudra donc de la persévérance et du travail pour aller au delà de l’effet « pommade » que la plupart des entreprises utilise aujourd’hui pour se donner un teint plus vert.

 * Empreintes sociales : en finir avec le court terme/Odile Jacob

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